Premières Lectures
Pour les minots
Premières Lectures
L'OGRE AFFAME

L'ogre de Carnoux est vraiment méchant :
Il voudrait manger des petits enfants,
Surtout des dodus aux fesses bien rondes.
Oui ! Mais l'on en rit partout à la ronde

Car l'ogre affamé ne peut pas courir :
Il est affublé de si maigres pattes
Que bien vite au loin l'on se carapate
Quand il apparaît, prêt à engloutir

Les petits garçons aux joues rebondies,
Les chiens et les chats, les petites filles.
On se moque tant qu'il va se cacher,
Lui pourtant si sûr de se pourlécher !

Alors l'ogre a faim et il doit brouter
L'herbe dans les champs, les tiges du blé.
L'ogre est forcément devenu gentil
Avec ses flutiaux en forme d'aiguilles.


LE FER A REPASSER

Hier Marius a inventé
Un nouveau fer à repasser
Qui lissait tous les mauvais plis,
Et les revers, et les ennuis

Qui froissent le cours de la vie,
Puis très las il s'est endormi.
Quand plus tard il s'est éveillé,
Quelqu'un le lui avait volé,

Quelqu'un qui hélas ! ne savait
Pas comment le faire marcher !
Et le cortège des soucis,
Plus qu'empoisonnants a repris ...


LE SYLPHE

Tel une douce plume d'ange,
Ténu, minuscule et fluet ,
Il s'est endormi épuisé,
Léger oiseau frêle et étrange.

C'est un petit être irisé
Comme une bulle de savon
Et il a l'air d'un enfançon
Translucide et désincarné.

Il vivait au creux d'un nuage
Quand une ondée l'a emporté,
Léger fétu brutalisé
Par une rafale sauvage.

Mais un passereau l'a cueilli
Du bout de son bec étonné
Et l'a doucement déposé
Tout au fond bien chaud de son nid.

Là il attend qu'il se réveille ,
Tout esbaubi, ébouriffé
Par ce petit bonhomme ailé ,
Oiseau à nul autre pareil.


LE LACHER DE POMMES

A Saint-Cannat, tous les mardis,
Vient s'installer un maraîcher
Dont les beaux fruits font saliver
Les badaudes tout esbaubies

Par leur plastique sans outrage
Et leur fraîcheur inégalée.
Et d'acheter, et d'acheter :
Le marchand n'est pas au chômage.

Mais un beau jour un grand scandale
Eclata au petit matin :
Un fruit à l'âme de mutin
Entraîna ses soeurs en cavale.

C'était une pomme golden
Ne voulant pas être croquée .
Elle roula sur le côté
Et elle agit en souveraine

En prenant la tête du clan.
Suivant alors leur congénère,
Ses soeurs les pommes s'envolèrent
Comme un grand lâcher de faisans.


LE VELO BLEU

Alexandre a repeint son vieux vélo en bleu,
Son vieux vélo flapi, rouillé et démodé
Qui, quel que soit le temps, l'a toujours trimballé
Sous le soleil trop chaud ou le ciel pluvineux.

Et c'est pour l'honorer qu'Alexandre en a fait
Un objet d'Art moderne au fin-fond du jardin :
On le dirait extrait du ciel bleu du matin,
Une sculpture azur et du plus bel effet.

Mais il n'est pas sérieux, même s'il en a l'air :
Il partage avec l'elfe habitant sous les chênes
Un secret fascinant qui les tient en haleine,
Qu'ils partagent tous deux et dont ils font mystère.

Car quand la maison dort assoupie sous la lune,
Le vieux vélo s'envole et s'en va faire un tour
Au-dessus de L'Estaque ou de Roquefavour,
Oubliant les fracas de sa gloire importune.

Il vire, il va, il vient, les roues toutes joyeuses,
Et sur sa selle bleue l'elfe tout esbaubi
Lui raconte en riant les villes endormies.
Puis ils rentrent ravis se coucher sous les yeuses.


L'HOTE

Sur le sol une feuille morte
Gît toute recroquevillée,
Et même si elle est fermée
Il se peut que le vent l'emporte.

Elle est close comme un étui,
Une petite boîte rousse,
Et quand un peu de vent la pousse,
Elle tangue par-là, par-ci,

Tireboulée par le mistral
Sur la prairie déjà jaunie.
Quelques gouttelettes de pluie
L'ornent d'un collier de cristal.

Mais ce matin un grand garçon
Jouait à pousser une balle,
Quand voici que l'objet dévale
Ecrasant de son ventre oblong

La feuille d'or qu'il aplatit,
La rendant soudain sans attraits,
Poussant alors des cris d'orfraie
Un être étrange en est sorti :

Un joli lutin grassouillet,
Avec des oreilles pointues,
Et qui avait même un peu bu
Quelques trois gouttes de rosée.

Un peu saoûl il gesticulait,
Son tout petit nez était rouge :
Il fallait lui trouver un bouge,
Il n'avait que son seul duvet.

C'était un drame d'opérette
Car il n'avait plus de maison !
Alors superbe le garçon
Lui a fait don de sa casquette.

LE MUSICIEN

Sur la grand’place du village
Un musicien s’est installé.
Presqu’aussitôt le doux ramage
Des colombes s’est arrêté.

Il avait une contrebasse
Dont le bois était éraflé.
Sa piètre figure était lasse
Et ses boucles tout emmêlées.

Mais ses larges yeux écartés
Etaient si étranges, si bleus
Qu’aussitôt la vie s’est figée
Sous les vieux platanes ombreux.

Les doigts minces et effilés
Ont alors effleuré les cordes;
Elles se sont mises à chanter
Une mélodie monocorde.

Et sans pouvoir s’en empêcher,
En sautillant comme des chêvres ,
Les gens se sont mis à danser
Avec une chanson aux lèvres.


CONTE PROVENCAL

Une tourterelle et un loup
Se croisent un matin de mai.
Elle roule tant de roucous
Mélodieux et enguirlandés

Qu'instantanément le rebelle
Tombe amoureux de la belle.
Elle crut qu'il ne la voyait
Que comme un rôti grassouillet

Et ne comprit pas sur le champ
La douceur de ses grondements.
Puis confuse de sa bévue
Et le voyant tout tracassé,

La tourterelle toute émue
Sans délai trouva une idée :
Pour se comprendre un peu moins mal,
Ils parleraient en Provençal.

Car s'il est langage d'amour
C'est celui qu'on parle alentour ...

LES CANETONS

Vivront-ils la mort de l'étang
Que la mer grignote en silence,
Rongeant le sol, rongeant le temps,
Rongeant ces confins de Provence

Où la mer se mêle à la terre ?
Les canetons s'en soucient peu ;
Flûtant et appelant leur mère,
Ils farfouillent la lie bleue

De leur petit bec en spatule.
Ce sont des boules emplumées
Qui clapotent. L'eau qui ridule
Les cahote sur le marais.

LES MESAVENTURES DU LOUP BLANC

Un jour un loup partit chasser en montagne, un loup blanc aux yeux bleus, un loup magnifique... Mais c'était le jour de la chasse et les chasseurs l'attrapèrent avec leur grand filet.

Ils l'amenèrent à leur campement puis le mirent en cage pour le donner au Zoo. Mais les animaux de la forêt aimaient tous le beau loup blanc, et ils se demandèrent où il était passé. Ils partirent donc à l'aventure pour le retrouver. Une vieille marmotte vit un campement: elle appella les copains pour leur dire qu'elle avait vu leur ami enfermé dans une cage.

Ils avaient envie de le libérer, alors il organisèrent un plan. Les putois se glissèrent près des chasseurs pour les endormir avec leur « PROUT ». Ensuite la taupe creusa un souterrain pour arriver à la cage du loup afin de lui faire savoir qu'il était sauvé. Une pie prit les clés du chasseur et libéra le prisonnier, puis les animaux s'échappèrent du campement, tout heureux...

Le loup remercia ses amis de l'avoir sauvé et l'on organisa une grande fête pour montrer sa joie et sa bonne humeur.

Nicolas F.

poèmes et contes pour enfants
Vette de Fonclare